Article tiré du «Manuel à l’usage du praticien Prévention cardiovasculaire chez l’adolescent et le jeune adulte» du GRAPA (Groupe de Réflexion consacré A la Prévention de l’Athérothrombose) En 1956, les Américains Gregory Pincus et John Rock mettent au point la formule efficace pour empêcher l’ovulation chez la femme. L’«Enovid 10» de Schering sera commercialisée aux États-Unis le 23 juin 1960 avant de conquérir le monde sous le nom familier de «pilule». Progressivement, la «pilule» allait devenir le symbole des mutations de la société dans les années 60 et 70.
Les récents remous médiatiques au sujet de la contraception hormonale et de ses contre-indications nous obligent à revoir, en tout cas en partie, notre vigilance lors de sa prescription. Ces remous médiatiques concernent surtout les pilules de 3e et 4e générations et les compositions à base d’acétate de cyprotérone... Published ahead of print.
Suite aux remous médiatiques liés à la survenue de quelques incidents thromboemboliques ayant touché des utilisatrices de pilule contraceptive de 3e génération, la France a réagi assez violemment. Elle a ainsi demandé à l’Union européenne de limiter l’utilisation des pilules de 3e et 4e générations et a annoncé un dispositif pour limiter leur prescription. Ces remous ont fini par toucher notre pays et ont poussé la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Laurette Onkelinx, à faire un point de la situation en Belgique. Pour notre part, nous nous sommes adressés à un spécialiste des troubles de l’hémostase, le Pr Cedric Hermans.
La société liégeoise Uteron Pharma, spécialisée en santé feminine, a obtenu récemment ses premières autorisations de mise sur le marché pour son produit Levosert, accepté en Angleterre ainsi que dans 7 autres pays de l’Union Européenne.
D’après les nouvelles recommandations de l’ACOG (American College of Obstetricians and Gynecologists), les DIU (dispositif intra-utérin) et les implants sont les meilleures méthodes pour prévenir une grossesse indésirable. Ces moyens contraceptifs devraient donc être conseillés aux jeunes filles.
Compte tenu de la pléthore d’informations disponibles sur la contraception hormonale, dans la pratique, il n’est pas facile de juger de leur pertinence. Pourtant, la modulation de nos outils est essentielle à une gestion adéquate des risques. L’essai CHOICE a remis la problématique de la contraception au centre des discussions. La planification à court et long terme d’une grossesse constitue en effet un objectif de taille dans la pratique quotidienne. Récemment, l’attention accordée par les médias aux facteurs de risque thrombo-embolique associés à la prise de contraceptifs hormonaux combinés (CHC) a fait sortir des oubliettes les recommandations fondées sur des preuves scientifiques publiées par l’OMS en 2009. Ces dernières permettent d’évaluer l’adéquation d’un contraceptif donné sur la base de scores de risque (Tableau). Les contraceptifs hormonaux sont divisés en deux grandes catégories, à savoir les CHC et les POP (progesteron only pills – pilules à progestatif seul). L’innocuité de leur utilisation est déterminée graduellement en fonction de diverses affections médicales, ce qui peut donner lieu à des dilemmes en matière de prescription.
Gunaïkeia Vol. 30 N° 2
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